Ce sifflement ou ce bourdonnement permanent dans l’oreille concerne des millions de Français. Les acouphènes ne sont pas une maladie en soi, mais un symptôme parfois très invalidant. Côté remboursement, la situation est plus complexe que pour un simple appareillage : tout dépend de la présence ou non d’une perte auditive associée. Voici ce qui est pris en charge en 2026, et ce qui reste à la charge du patient ou de la mutuelle.
La consultation ORL est remboursée normalement
Première étape face à des acouphènes : consulter. La consultation chez un médecin ORL, avec examen et éventuellement audiogramme, est remboursée comme toute consultation de spécialiste : 70 % de la base de 30 € en secteur 1, soit 21 € par la Sécurité sociale, le reste étant complété par la mutuelle dans le cadre du parcours de soins.
Il n’y a pas de limite au nombre de consultations remboursées dès lors qu’elles sont médicalement justifiées. En cas d’apparition brutale d’acouphènes ou de baisse soudaine de l’audition, qui constituent une urgence, vous pouvez consulter sans passer d’abord par le médecin traitant, avec un remboursement normal.
Acouphènes avec perte auditive : l’appareil peut aider
Lorsque les acouphènes s’accompagnent d’une perte d’audition mesurable, répondant aux critères médicaux d’appareillage, un appareil auditif remboursable peut être prescrit. Au-delà de la correction de l’audition, l’appareil peut atténuer la perception des acouphènes en réintroduisant les sons de l’environnement. La prise en charge suit alors les règles habituelles des aides auditives, y compris le 100 % Santé pour un appareil de classe 1.
Acouphènes sans perte auditive : le point de blocage
C’est la situation la plus délicate. Si l’audiométrie est quasi normale et que la perte auditive ne remplit pas les critères d’appareillage, les dispositifs spécifiquement dédiés aux acouphènes ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie. Les appareils, même en cas d’acouphènes invalidants, restent conditionnés à une perte auditive reconnue.
Les générateurs de bruit, dispositifs qui diffusent un son doux pour favoriser l’habituation, ne sont alors pas ou peu pris en charge par la Sécurité sociale. De même, les thérapies sonores comme les protocoles d’habituation relèvent le plus souvent de structures privées, sans cadre de remboursement uniforme.
Ce que peut faire la mutuelle
C’est précisément sur ces dépenses non couvertes par la Sécurité sociale que la mutuelle prend de l’importance. Selon les contrats, elle peut :
- compléter intégralement les consultations ORL, y compris les dépassements d’honoraires ;
- prévoir un forfait annuel « audiologie » pour des accessoires ou dispositifs hors nomenclature ;
- couvrir, sur les contrats haut de gamme, une partie d’appareils ou de dispositifs non remboursés par la Sécurité sociale.
Pour les personnes sujettes aux acouphènes, vérifier la présence et le montant de ce forfait avant de souscrire peut faire une vraie différence. La méthode pour lire un tableau de garanties aide à identifier ces lignes souvent discrètes.
L’essentiel à retenir
- La consultation ORL pour acouphènes est remboursée comme toute consultation de spécialiste.
- Avec une perte auditive associée, un appareil remboursable peut être prescrit et soulager les acouphènes.
- Sans perte auditive suffisante, générateurs de bruit et thérapies sonores sont peu ou pas pris en charge par la Sécurité sociale.
- La mutuelle, via ses forfaits, est souvent le seul relais de financement de ces dispositifs.
Sources : Assurance maladie (Ameli), Service-Public.fr — remboursement des consultations, publications spécialisées en audiologie. Les acouphènes nécessitent un avis médical : cet article est informatif et ne remplace pas une consultation.




